Les bottes de l’infantrie U.S. dans le Sud-Est Asiatique.
(1954 – 1975)

Troisième partie - De 1966 à 1975.

UPDATE : 26/01/10

 

Bien avant l’engagement massif des forces spéciales au Viet-Nam en 1961, les premiers instructeurs de l’US Army sont confrontés à un problème grave et parfois mortel, les " pièges". Ces fameux « booby trap ». De toutes tailles, les plus courant, car les plus faciles à réaliser et aussi à éviter par la population locale une fois l’emplacement signalé par des marquages prédéfinis, étaient les pièges destinés à blesser les pieds. Planchettes bardées de clous en forme de hameçon (panji trap ou les Side closed trap), trous dont le fond est tapissés de pointes de bamboo (box trap), etc… tout ces pieux sont enduit d’excréments pour favoriser une infection très rapide de la blessure.

Une « Fabrique » de pièges

Diverses signalisations indiquant aux paysans locaux, la proximité d’un piège.

 

Les Laboratoires Natick sont donc à nouveau sollicité pour trouver une parade à ces pièges ou du moins quelques choses qui pouvaient atténuer la gravité des blessures. Comme d’habitude plusieurs solutions sont proposées et testées et celle qui est retenue, est une plaque en inox d’environ 0,25 mm, placée lors de la fabrication entre deux couches de cuir et noyée dans la semelle en caoutchouc, et qui freine ainsi la pénétration d’objets dans le pied.

 

Photo de l’U.S.Army montrant l’issertion de la feuille en inox.

 

L’autre amélioration apportée aux boots, est le renforcement de la cheville qui n’est jusqu’alors pas maintenue correctement. Il est donc décidé de placer une bande de nylon supplémentaire au niveau des maléolles.

 

Ces diverses adaptations donnent naissance en 1966 à un nouveau modèle de Boots, Combat, Tropical DMS… Les « spike protective » ou troisème modèle.
Elles sont envoyées en grande quantité et utilisées intensivement dans le sud-est asiatique jusqu’à la fin du conflit vietnamien, en 1975.

 

 

 

Datée mars 1968
Indication que l’on retrouve obligatoirement sur toutes les bottes


Cérémonie aux morts après de la bataille de Dak To en novembre 1967.

 

On y aperçoit des boots 2ème et 3ème modèle.

 

Les "All leather Boots DMS" avec semelles en « chevrons »

 

Datée août 1971

 

 

En 1966, Cresson H. Kearny qui travaille à l’époque dans un laboratoire privé a recueilli quelques témoignages de vétérans du Viet-Nam ainsi que leurs récriminations concernant les bottes. La plainte principale porte sur le fait que dans la boue, les semelles Vibram sont rapidement saturées et qu'en quelques minutes, il devient difficile d’évoluer sans glisser à chaque pas. Il en ressort alors les travaux de Richard Dobie, un sergeant qui fait partie de son équipe de recherche au "JWTC" à Panama en 1944. A l’époque, Dobie essaie de déveloper une semelle auto-curante grâce à une largeur variable et une dépouille importante de ses rainures. Une autre découverte est que pour faciliter la flexion, avec les indications d’un professeur d’université spécialiste en biomécanique, il a incliné ses rainures transversales de 10 degrés (angle de flexion du pied) par rapport à l’axe longitudinal du pied. Mais la fin de la guerre arrete le développement.


22 ans plus tard, C. H. Kearny re-fabrique artisanalement des semelles dit « panama » à partir de pneus de tracteur. Il fixe ces semelles sur des "jungle boots" de 1945 pour réaliser des essais durant ses temps libres. Ceux-ci sont concluants et en 1967, Kearny s’adresse à la firme "Wellco Enterprise", déjà fabriquant de la "Boots, Combat, Tropical" pour l’armée, à qui il demande de réaliser une pré-série. Grâce à sa connaissance des arcanes du Pentagone et à ses états de services dans le domaine du développement d'équipements tropicaux, il sait les proposer à l’U.S.Army. En 1968, après de nouveaux tests, cette fois officiels, la nouvelle semelle est adoptée et reste utilisée bien après 1975.

Les Boots, Combat, Tropical DMS de 1968 – Spike protective. (ou Panama Boots).

 

 


Ici, nous remarquons bien les dépouilles importantes (l’angle des parois) et les rainures qui s’élargissent latéralement pour permettre à la boue de ne pas se fixer et de s’évacuer vers l’extérieur tout en ayant une bonne « accroche » en terrain glissant.

 

Datée de mai 1968

 

Panama boots au Cambodge en 1970

 

Sources photos :
- Life Magazine.
- Collection personnelle


Bibliograpghie :
- Jungle Snafus… And Remedies de Cresson H. Kearny. Oregon Institute of Science and Medecine
- U.S. Army uniforms of the Vietnam war de Shelby Stanton. Première édition. Greenhill Book
- New Devlopments in Army Weapons, Tactics, Organization, and Equipment. Du Major Marvin L. Worley, Jr. édité par The Stackpole Company en 1959.

Article : Marko Baric