Les bottes de l’infantrie U.S. dans le Sud-Est Asiatique.
(1954 – 1975)

Seconde partie - De 1960 à 1965.

UPDATE : 21/11/09

 

Durant la seconde partie des années 50, des recherches sont entamées pour améliorer les bottes de jungle de 1945. On demande donc aux laboratoires Natick d’apporter des avancées au point de vue poids et solidité. Dans la jungle, le poids excédentaire est un ennemi aussi redoutable que les maladies. Dans son livre, Cresson H Kearny explique que dès 1942 les physiologistes de l’US Army ont découvert qu’une surcharge aux pieds demande, en terrain accidenté, 4 fois plus d’énergie que le même poids porté sur le dos.

 

Les matériaux utilisés pour la fabrication des bottes de 1945 se fragilisent rapidement et les techniques de fabrication traditionnelles ne sont pas du tout adaptées aux climats tropicaux. Colles et coutures ne résistent pas longtemps à l’humidité permanente ambiante. Natick propose trois prototypes dérivés des modèles existants de la seconde guerre mondiale et de l’après guerre.

- Un modèle entièrement en nylon, un modèle entièrement cuir et un modèle hybride, cuir/nylon avec jambière.

Au vue des rares photos dont nous disposons de cette époque, il semble que pour les tests, les vieux modèles ai été reconditionnés avec quelques adaptations mais Shelby Stanton, dans son livre sur les uniformes de la guerre du Vietnam, parle déjà de prototypes en DMS (Direct Molded Sole). La technique DMS est un procédé de fabrication qui fut développé en Europe en 1952 et qui consiste à placer la tige dans la semelle en caoutchouc avant la vulcanisation de celui-ci. Cela évite ainsi les colles et les coutures tout en assurant une excellente liaison de l’ensemble. La composition du caoutchouc est également modifiée pour qu’il ne se fendille plus.

Voici des photos qui font partie d’une série de clichés pris en 1962 où l’on voit des bottes modifiées. Sont-ce des bottes commerciales ou des prototypes de Natick ? Difficile de savoir mais ce qui est étonnant, c’est que ces photos ont toutes été prisent au moment précis, qu’indiqué S. Stanton dans son livre, pour les évaluations de ces bottes, et au "JWTC" de Panama, l’endroit où un grand nombre de prototypes sont testés.

Cette photo nous montre des bottes entièrement en tissus. Malheureusement les semelles sont difficilement identifiables. Ce « medic », en plus de ses boots, presente le nouveau modèle de gourde en plastique dans une housse M56, une veste camouflée et d’un holster probablement commercial.

 

A remarquer, les 5 crochets de laçage des bottes au lieu de 4 sur les modèles de la WWII et l’absence d’un œillet supérieur. Ces boots ne seraient-elles pas anachroniques si elles n’étaient pas en tests ?

 

Cette photo montre un modèle entièrement en cuir qui semble être la botte M1948 avec une semelle vibram.

 

Le dernier modèle ressemble à la botte deJungle M1945 également reconditionnée en vibram. La nouvelle semelle apparaît clairement sur le pied gauche de ce soldat au repos

 

Quoi qu’il en soit, les résultats donneront l’avantage aux chaussures en cuir et nylon et c'est elles qui sont adoptées dans un premier temps. Mais rapidement, des critiques sont émisent car les boucles ont une fâcheuse tendance à s’accrocher à la végétation abondante de la jungle. Un modèle hybride, mais entièrement lacé fait son apparition dès 1962 et celui-ci est connu comme le premier modèle de "jungle boots" ou plus officellement, "Boot, Combat, Tropical", de la guerre du Viet-Nam.

 

 

Cette botte est reconnaissable par sa bande de cuir verticale qui va du talon au molet et de sa bande de cuir supérieure. La partie en tissu est maintenant un mélange de coton et de nylon pour réduire l’inflammabilité. Ce modèle n'est utilisé que par les forces spéciales au Vietnam pour évaluation et dans les camps d’entrainement d’Okinawa et du Panama.

Etiquette intérieur
Datée 1-1962


Particularité du premier modèle, les orifices d’évacuation / aération sont en creux et donc forment des excroissances à l’intérieur de la botte.


Ici le Capitaine Guillespie des Forces Spéciales, porte en 1964 des Boot Combat Tropical 1er modèle sur lesquelles il a placé un système de fermeture éclair.

 

Le second modèle est officiellement adopté en janvier 1965 par l’US Army et le Corp des Marines. Les éléments visibles différenciant le premier et le second modèle sont, encore moins de cuir, qui reste un matériau inadapté en zone tropicale. Les renforts sont maintenant en nylon plus épais. L’autre modification visible, ce sont les orifices d’évacuations/aération qui sont maintenant en léger relief.

 

Fort Sherman, Panama 1962

 

Etiquette intérieure

Datée juillet 1965


Orifices d’évacuation de l’eau et d’aération

 

L’arrivée de Robert Mac Namara au poste de secrétaire d’état à la défense en 1960, marque un tournant pour le budget de l’armée des Etats-Unis (et pour nous, collectionneurs, aussi). En effet, il impose des économies et cela entraine une rationalisation des recherches et des achats. Le résultat est que le Corp des Marines utilise les tenues et les équipements de l’US Army au fur et à mesure que les dépots de l’USMC se vident des tenues et des équipements spécifiques.

C’est ainsi qu’une nouvelle paire de bottes entièrement en cuir apparaît en 1964 pour remplacer les chaussures M51 des marines et le modèle de M1948 de l’Army. Nous avons très peu d’informations sur ces bottes. Cette paire de chaussures est dénommée officieusement, "All Services Black Boots" ou "All Armies Leather Combat Boots" ou encore "McNamara Boots".

Ces bottes sont utilisées dans le Sud-Est asiatique jusqu’à l’arrivée des "All Leather boots DMS" avec semelles « en chevron ».

 

 

Fort Sherman, Panama 1962

 

Marquage intérieur

Datée juillet 1964

 

Sources photos :
- Life Magazine.
- Collection personnelle


Bibliograpghie :
- Jungle Snafus… And Remedies de Cresson H. Kearny. Oregon Institute of Science and Medecine
- U.S. Army uniforms of the Vietnam war de Shelby Stanton. Première édition. Greenhill Book

Article : Marko Baric